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La Dame aux camélias au TNS

par Francesca - Ambassadrice Carte culture

http://www.tns.fr/la-dame-aux-cam%C3%A9lias


Le 4 avril dernier au TNS, j’ai pu assister à la pièce de théâtre La Dame aux camélias, mise en scène par Arthur Nauzyciel et Pierre-Alain Giraud et produite par le Théâtre national de Bretagne.

Un amour impossible, celui entre Marguerite Gautier et Armand Duval. Une relation inconciliable avec les conventions sociales. Alexandre Dumas fils écrit en 1848 un roman qui émeut jusqu’à nos jours, en s’appuyant sur sa relation personnelle avec une prostituée de son époque, Marie Duplessis. Arthur Nauzyciel reprend ce chef d’œuvre, La Dame aux camélias, tout en le transposant dans un contexte contemporain.

L’histoire

Marguerite Gautier est une jeune femme parisienne qui s’adonne aux plaisirs charnels avec une liberté qui dépasse les limites traditionnelles. Un jour, Armand Duval, un homme bourgeois amoureux d’elle, sonne à sa porte et lui avoue son amour. N’ayant jamais aimé de sa vie, Marguerite se méfie des sentiments d’Armand. Elle se fait toutefois emporter par ses mots et sa promesse de lui être fidèle à jamais.

Enfin heureux, les deux décident de s’installer dans la campagne. Mais les gros problèmes financiers de Marguerite obligent Armand à retourner à Paris. Marguerite rencontre ici son « beau-père » – ils ne sont pas encore mariés – peu avant les noces de la sœur d’Armand. C’est à ce moment-là qu’elle se rend compte de l’impossibilité de leur amour dans le cadre social bourgeois. Marguerite décide ainsi de quitter Armand.

Pour éviter qu’il ne la retienne, elle lui fait croire qu’elle aime un autre, tout en cachant ses vrais sentiments. Dévorée par la tuberculose, Marguerite reçoit Armand, qui finit par la pardonner pour tout le mal qu’elle lui a fait. Elle meurt, submergée de dettes, mais enfin apaisée.

Une mise en scène autour de la nudité

La nudité comme symbole de la prostitution est clairement au centre de la mise en scène de Nauzyciel. Les acteurs et actrices sont initialement cachés par un rideau semi-transparent ; on entrevoit les silhouettes nues des personnages, qui bougent de façon fluide. Puis, le rideau se lève. La couleur rouge, associée à la passion, à la pulsion sexuelle mais également à la colère, est constamment présente, que ce soit au niveau de la lumière ou du décor. Un grand objet de forme phallique est également au centre de la scène. Tout dans la mise en scène semble donc tourner autour de la sexualité et de la prostitution.

Personnellement, j’ai trouvé que la remise en cause des normes sociales, que je considère être le thème-noyau de l’histoire, n’a pas été correctement illustrée par la mise en scène. Cependant, avec ce travail, Nauzyciel a su concilier la littérature, le théâtre et le cinéma, pour montrer la brutalité sociale dont il est question. Une histoire belle, oui, mais impossible.

Francesca, ambassadrice Carte culture

Graphisme : Diz—Dard Site web : Sébastien Poilvert