retours-dexperience

Les Rois de la piste à POLE-SUD

par Lozen - Ambassadrice Carte culture

Les Rois de la piste


« LES ROIS DE LA PISTE » est une pièce de Thomas Lebrun, directeur du centre chorégraphique de Tours et présentée à POLE-SUD, le Centre de Développement Chorégraphique National de Strasbourg. Passionnée de danse j’étais contente en allant voir cette pièce de découvrir, grâce à la Carte culture, ce centre chorégraphique très accueillant.
Durant ce spectacle, j’ai été particulièrement touchée par tout ce que la danse arrivait à nous exprimer, sans pour autant qu’aucun acteur/danseur ne prenne la parole.

Nous pouvons diviser cette pièce en deux parties :

Une première comique et satirique de la société, nous montrant de manière crue tous les types de personnes et leurs intentions que nous pouvons retrouver sur la piste de danse, exutoire de toutes les passions. Thomas Lebrun nous explique et expose finalement la piste de danse comme reflet de la société. J’ai beaucoup aimé la manière dont il arrivait à faire des zooms sur chaque personnage : qu’il s’agisse du travailleur de bureau, d’une jeune fille frêle et naïve, du pervers voulant tirer son coup, de la louve séductrice, ou même encore de l’ivrogne de la soirée, chaque personnage passait l’un après l’autre en se pavanant fièrement devant nous comme si ils voulaient s’attirer tous les regards au centre de la piste mais pour autant sans qu’aucun n’échappe à la critique et au ridicule. Durant cette pièce nous étions véritablement rangés à la place unique de spectateur, forcés d’observer extérieurement presque avec un regard de sociologue cette piste de danse dans laquelle nous serions plongée et où nous aurions un autre point de vue si nous étions en dehors du cadre d’un spectacle.

Il est aussi important de noter le travail fait sur les costumes aux accents des années 70 tous plus excentriques, humoristiques, et parlants les uns que les autres. Tout s’enchainait plutôt rapidement sans que nous puissions vraiment nous reposer ; comme si finalement nous dansions aussi avec les personnages qui nous étaient présentés, les costumes participant vraiment bien à ces jeux d’apparences que nous retrouvons dans la vraie vie.

Pour être honnête je n’arrivais pas à compter combien il y avait en tout d’acteurs tellement les rôles qu’ils incarnaient de manière très rapide les transformaient. Ce n’est que dans la seconde partie de la pièce que j’ai compris qu’ils étaient seulement cinq, ce qui m’a fortement surprise !

En effet, dans la seconde partie de la pièce, nous assistons uniquement à un spectacle de danse avec des chorégraphies plus « ordonnées » où nous voyons les danseurs s’exprimer tous les cinq en même temps. L’aspect théâtral de la première partie n’est plus présent, néanmoins nous ne sommes toujours pas laissés au repos, car nous sommes une fois de plus emportés dans le rythme. Or on ne nous impose plus cette fois-ci un regard presque de sociologue mais l’accent est désormais mis sur le travail de la danse et la beauté du corps. Les danseurs se mettent à nus pour que nous puissions encore mieux observer leurs corps en mouvements, sans aucun tabou. A côté de la danse, les jeux de lumières participent également au spectacle donnant des ambiances et atmosphères plus ou moins tamisées ou révélatrices.

Pour conclure, ce spectacle est selon moi une véritable ode à la danse, expression corporelle à part entière et même libératrice, car elle prouve que « le ridicule ne tue pas » mais est au contraire le sujet de toutes les fascinations, attirances et émerveillements.

Pour la Carte Culture et ses internautes,
Lozen Ancillon

Graphisme : Diz—Dard Site web : Sébastien Poilvert